Dimanche 7 octobre 2007

Voyage au coeur des dysfonctionnements de la Justice

La vie parlementaire a repris. Les deux premières séances de questions d’actualité, mardi et mercredi, ont été des plus banales.

J’avais l’impression d’assister à un éternel jeu de rôle. D’un côté l’opposition qui entonne toujours le même refrain, pointant du doigt la régression sociale mise en œuvre par le méchant gouvernement de droite, sans jamais d’ailleurs avancer la moindre proposition alternative. De l’autre, le gouvernement qui dans un réflexe pavlovien répond à ces critiques en agitant le souvenir désormais bien lointain du bilan de la gauche et de l’échec des 35 heures.

Quant aux questions des Députés UMP, elles ne servent que de faire-valoir aux Ministres. Selon la formule qu’utilisent les Députés eux-mêmes, elles sont « téléphonées », elles relèvent d’une pure mise en scène.

Faut-il que notre démocratie soit tombée bien bas pour que chaque semaine se répètent les mêmes pitreries ! Spectacle d’autant plus affligeant que les parlementaires, lors des autres séances, débattent avec sérieux, sans anathème, des sujets graves. Pourquoi alors cette dérive des mardis et mercredis ? Comme si la présence des médias et l’affluence soudaine des Députés conduisaient tout à coup l’Assemblée à perdre la raison !

Heureusement, le travail parlementaire ne se réduit pas à cet exercice dérisoire. A titre d’exemple, appartenant à la mission d’information créée par le Président de la Commission des lois sur l’exécution des peines de justice, j’ai participé hier à une journée de visite et de dialogue au Tribunal de Grande Instance de Paris pour comprendre concrètement pourquoi tant de décisions de justice ne sont pas appliquées dans notre pays. Au terme de cette journée, je retiens deux enseignements.

  • les magistrats font preuve dans l’ensemble de bonne volonté contrairement à ce qui est souvent dit mais sont débordés face à l’inflation des dossiers. Cette situation s’explique par trois raisons : la multiplication des requêtes, la complexité des lois de plus en plus changeantes et enfin l’insuffisance criante de moyens ;
  • le retard d’organisation du Ministère de la Justice est colossal. J’ai ainsi pu constater avec mes collègues que bon nombre de décisions de justice ne sont pas appliquées, à l’exception de la procédure de comparution immédiate souvent suivie d’un mandat de dépôt en cas de peine de prison.

Il faut ainsi compter sur la bonne volonté des délinquants pour qu’ils exécutent leur peine ! En effet, si les policiers ont arrêté le coupable, l’audience est tout d’abord renvoyée à plusieurs mois. Il est rare alors que le délinquant se présente devant le Tribunal et, s’il n’est pas présent, il se voit notifier par huissier le jugement. Il suffit qu’il ait déménagé pour que, bien évidemment, il ne reçoive pas le document. Dans ces conditions, l’intéressé est simplement inscrit dans le fichier des personnes recherchées mais on peut alors considérer qu’il n’y a à peu près aucune chance qu’il soit jamais retrouvé.

A cela s’ajoute dans notre pays l’absence d’une obligation de domiciliation comme dans d’autres pays d’Europe (ce qui explique que certains délinquants se domicilient chez leur avocat, ce qui est un comble) et les usurpations d’identité qui se multiplient, d’autant que l’état civil des ressortissants étrangers est bien souvent invérifiable.

On assiste donc à une situation ubuesque, la machine judiciaire fonctionne mais cale au moment décisif, celui où se joue précisément sa crédibilité, l’exécution des peines. Face à ce dysfonctionnement majeur, il semble régner une sorte de fatalisme ambiant.

Pour la justice des mineurs, la situation est encore pire. Un seul chiffre : 8700 mineurs déférés en 2006 au Tribunal de Paris, 10 places seulement offertes au centre éducatif fermé de Savigny-sur-Orge, unique établissement de ce genre en Ile-de-France.

Les juges pour enfants que nous avons rencontrés perdent là aussi toute crédibilité puisque, dans les rares cas où l’affaire doit se solder par un contrôle judiciaire ou des mesures de placement éducatives, le manque de moyens ou de place (travail d’intérêt général, Centre Educatif fermé) conduit au même problème : après un jugement relativement rapide (4 à 8 semaines tout de même), il s’écoule de longs mois avant que la peine puisse s’appliquer.

La protection judiciaire de la jeunesse est totalement impuissante. La chaîne judiciaire là aussi s’interrompt au jugement. On comprend dans ces conditions pourquoi le malentendu entre le législatif et le judiciaire ne peut que s’accroître.

Les parlementaires votent des lois mais ont le sentiment, face à l’insécurité persistante, que l’Institution judiciaire démissionne. De leur côté, les magistrats sont confrontés à une inflation continue de leur charge de travail à moyens constants.

La situation est donc gravissime et exige que le fossé d’incompréhension entre parlementaires et magistrats soit enfin comblé. D’un côté, il faut cesser de livrer la Justice à la vindicte de l’opinion publique. De l’autre, s’il faut effectivement augmenter considérablement les moyens de l’institution judiciaire (il faudrait en réalité les multiplier par deux), cela n’exonérera pas la magistrature d’une révolution culturelle afin que chaque maillon veille à la continuité de la chaîne judiciaire.

La grande misère de la Justice, les polémiques politiques, l’impunité des délinquants et le désarroi des victimes ne sont pas prêts de s’arrêter. Et pendant ce temps, Rachida Dati veut « accélérer » sur la réforme de la carte judiciaire, c'est-à-dire la suppression de certains tribunaux par souci d’économies budgétaires.

Pire encore, elle veut pousser les feux sur la dépénalisation des délits économiques, ce qui reviendrait à adoucir sensiblement les peines de ceux qui sont moins à plaindre que d’autres et dont le montant des malversations dépasse très souvent le prix d’une mobylette volée… Le monde à l’envers !

Décidément, l’explosion n’est pas loin.

par jb089 publié dans : Divers
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Samedi 22 septembre 2007

Parler moins, présider plus !

Au cours de la semaine, le Président de la République a été sur tous les fronts. Retraites, Fonction publique, Iran, euro, on ne compte plus les discours, les interviews et les confidences qui ont submergé chaque jour, matin, midi et soir, les médias.

Au-delà du style qui peut plaire ou déplaire, je m’interroge sincèrement sur cette méthode de communication. Cette saturation de l’espace médiatique et donc démocratique est-elle durable, c'est-à-dire crédible ? D’autant que Nicolas Sarkozy se comporte davantage comme un candidat que comme un Président.

Sa soif de convaincre s’apparente de plus en plus à la méthode Coué comme si face aux difficultés inhérentes à l’exercice du pouvoir il voulait se rassurer en imaginant que le verbe est action.

Pour les Français la campagne électorale est terminée. Les décisions, les actes et à moyen terme les premiers résultats comptent davantage pour eux que les pétitions de principe et les grandes déclarations, voire les rodomontades.

Exercice d’autant plus périlleux pour le Président que malgré l’obéissance aveugle de TF1 ou Europe 1, il ne peut quand même pas cacher aux Français ni les mesures concrètes arrêtées ni tout simplement les évènements du monde.

Les Français ne sont pas idiots et après le traditionnel délai de grâce, ils vont bien percevoir le grand écart, pour ne pas dire la contradiction, entre le discours et la pratique. L’excès de parole déconnecté de la réalité va tout à coup apparaître insupportable à nos concitoyens.

Il y a donc urgence pour le Président à laisser son Premier Ministre gouverner, ses Ministres agir et sa majorité contrôler. Il y a aussi urgence pour le Président à mettre en cohérence notamment au niveau européen ses propos et ses actes.

- Sur la Turquie, je ne vois pas comment il pourra continuer longtemps à se dire opposé à son adhésion et à laisser ouvrir les négociations. - Sur l’euro surtout, rien ne sert d’attaquer la Banque Centrale européenne si on ne se donne pas les moyens de changer sa politique. Il fallait pour cela au Conseil européen de juin à Bruxelles refuser bien sûr de signer le mini traité pour obtenir de l’Allemagne un changement de statuts de la Banque Centrale européenne. Cette affaire est essentielle car encore une fois avec un euro à 1,41 $, c’est toute l’économie française qui est asphyxiée, la croissance cassée, les déficits augmentés…

Les meilleures intentions du monde du Président sur la Fonction publique, les retraites risquent alors de se fracasser sur la réalité d’une politique européenne suicidaire.

A l’approche des tempêtes internationales et européennes, le Président doit parler moins et présider plus ! C’est l’intérêt de la France et donc le sien.

par jb089
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Mercredi 29 août 2007

Les quatre principaux points du projet de traité constitutionnel révisé de l'Union européenne et les raisons pour lesquelles l'ensemble des démocrates doivent s'y opposer. Le projet tout entier est une profonde attaque dirigée vers la démocratie et menée par les élites politiques, bureaucratiques et économiques européennes qui le soutiennent. Il ne peut que générer hostilité et amertume parmi les citoyens de toute l'Europe tandis qu'ils découvrent peu à peu les implications du coup d'Etat constitutionnel préparé par ces euro-élites.



par Anthony Coughlan*

Un 'coup d'Etat constitutionnel'
 

1.  L'UNION EUROPÉENNE REVÊTIRAIT LA FORME CONSTITUTIONNELLE D'UN ÉTAT POUR LA PREMIÈRE FOIS ET NOUS NE SERIONS DE VÉRITABLES CITOYENS DE CET ÉTAT EUROPÉEN

Sur le plan politique, le nouveau traité établirait avant tout une Union européenne juridiquement nouvelle sous la forme constitutionnelle d'une fédération européenne supranationale qui ferait de nous de véritables citoyens de cet État, devant obéissance à ses lois et loyauté à son autorité, contrairement à la «citoyenneté» européenne théorique ou honoraire que nous connaissons actuellement. Les symboles d'un État européen - drapeau, hymne et fête nationale – sont à abandonner puisque de toute façon ils existent déjà sans base juridique; toutefois, le véritable État européen dont ils sont les symboles doit être constitutionnellement créé par le nouveau traité. Il sera constitué en dotant l'UE d'une personnalité juridique et en lui donnant sa propre existence juridique pour la première fois, distincte de et supérieure à ses États membres, tout comme les États-Unis se distinguent juridiquement de et sont supérieurs à des États comme la Californie, le Kansas et New York, ou tout comme l'Allemagne fédérale est supérieure à la Bavière, la Saxe etc.

D'un point de vue juridique, il s'agit de l'élément clé d'une constitution européenne, que la Conférence intergouvernementale est désormais prête à rédiger, en intégrant la plupart des éléments du «Traité établissant une Constitution pour l'Europe», bien que le terme «constitution» doive être évité, de peur qu'il n'inquiète les Européens. Étant donné qu'il s'agit, d'un point de vue juridique et politique, de la partie la plus significative de la constitution révisée, tout en étant l'aspect le moins compris – puisque les fondateurs d'un État européen sont prêts à tout pour ne pas attirer l'attention sur cet aspect – elle est expliquée plus en détail ci-dessous.


2.  L'UNION EUROPÉENNE DÉTIENDRAIT DAVANTAGE DE POUVOIRS LÉGISLATIFS

Le projet de traité constitutionnel révisé impliquerait que les États nationaux, les parlements nationaux et les citoyens transfèrent davantage de pouvoirs à l'UE. Le traité confèrerait à la nouvelle Union de nouveaux pouvoirs législatifs dans 50 nouveaux domaines d'intérêt public. Ces domaines comprennent les transports, la santé publique, l'énergie, l'espace, la science et le sport. La Commission non élue détiendrait le monopole de la proposition des lois européennes dans ces nouveaux domaines et ces lois seraient essentiellement élaborées par l'oligarchie, le conseil des législateurs, composé des 27 politiques qui constituent le Conseil des ministres puisqu'ils élaborent des lois pour 450 millions d'Européens et sont inamovibles en tant que groupe. 

 

3.  LES GRANDS ÉTATS SERAIENT PLUS INFLUENTS ET LES PETITS ET MOYENS ÉTATS MOINS INFLUENTS DANS L'ÉLABORATION DES LOIS EUROPÉENNES

En effet, la population serait un élément clé dans l'élaboration des lois européennes et réduirait par conséquent le poids de vote relatif et l'influence des petits et moyens États par rapport aux grands États, l'Allemagne étant le plus grand.

 

4.  LE DROIT À UN COMMISSAIRE EUROPÉEN PERMANENT SERAIT SUPPRIMÉ

Les États membres se verraient refuser le droit d'être représentés de façon permanente à la Commission européenne, institution qui détient le monopole de la proposition des lois européennes, en réduisant le nombre de commissaires à un nombre inférieur à celui des États membres. Cet aspect revêt moins d'importance pour les grands États car ils sont assurés, grâce à leur influence politique et économique, de pouvoir défendre leurs intérêts dans l'élaboration des politiques européennes, même si de temps en temps ils ne sont pas représentés à la Commission. Cette proposition de modification a des implications bien plus graves pour les plus petits États.

Sur le plan politique, le projet de traité constitutionnel révisé de l'Union européenne

(a) donnerait à la nouvelle Union européenne, qu'il établirait juridiquement, la forme constitutionnelle d'un État européen supranational, distinct de et constitutionnellement supérieur à ses 27 États membres, tout comme les États-Unis sont distincts de et constitutionnellement supérieurs à la Californie, à New York, au Kansas etc.;  et
 
(b) il ferait de nous de véritables citoyens de cette Europe nouvellement constituée, devant obéissance à ses lois et loyauté à son autorité qui seraient supérieures à nos constitutions et lois nationales respectives, tout comme la constitution et les lois des États-Unis sont supérieures à la constitution et aux lois de la Californie, de New York etc. La véritable citoyenneté européenne remplacerait donc la «citoyenneté» théorique ou honoraire dont les Européens parlent à présent, car nous ne pouvons être que les citoyens d'un État.

Le nouveau traité incarnerait ce changement

(a) en donnant à la nouvelle UE qu'il établirait sa propre personnalité et existence juridique pour la première fois, ce que tous les États détiennent;

(b) en supprimant la distinction actuelle entre le domaine du droit communautaire européen supranational, dans lequel la Commission détient le monopole des propositions législatives, et les domaines "intergouvernementaux" de politique étrangère, de justice et d'affaires intérieures, dans lesquels les États membres ont jusqu'à présent conservé leur souveraineté. Tous les domaines d'intérêt public relèveraient donc de l'élaboration des lois européennes supranationales, soit réellement ou potentiellement, comme dans tout État unifié; 

(c) en transférant les pouvoirs et les institutions de la Communauté européenne actuelle à la nouvelle Union européenne que le traité constitutionnel révisé établirait;

(d) en faisant de nous de véritables citoyens de ce nouvel État européen, avec les devoirs d'obéissance et de loyauté de citoyens normaux, et tout ce que cela implique.

En constituant cette nouvelle Union européenne pour la première fois, le nouveau traité deviendrait de ce fait la Constitution d'un État européen supranational bien que l'intention soit d'éviter l'emploi du terme «constitution» autant que possible, par crainte d'inquiéter les Européens s'ils venaient à réaliser ce qu'il se passe, surtout s’ils ont une chance de voter lors de référendums. D'où l'intention d’éviter de donner aux citoyens la possibilité de s'exprimer, sauf en Irlande et au Danemark où des référendums sur toute renonciation à la souveraineté de l'État sont requis par la constitution.

À ce jour, l'Union européenne n'est pas dotée d'une personnalité juridique et n'a pas d'existence juridique propre. Seule la Communauté européenne, qui élabore les lois supranationales de la CE, en possède une. Il n'existe donc, à proprement parler, pas de droit «UE» (Union européenne), mais seulement un droit «CE» (Communauté européenne). Le nom «Union européenne», qui résulte du traité de Maastricht sur l'Union européenne de 1992,  est un terme qui décrit les diverses formes de coopération dans les 27 États membres de la CE. Celles-ci couvrent le domaine du droit supranational constitué par la Communauté européenne d'une part, dans lequel la Commission européenne propose toutes les lois,  et d'autre part la coopération dans les domaines «intergouvernementaux», dans lesquels les États membres ont jusqu'à présent conservé leur souveraineté et la Commission européenne n'a pas de rôle législatif.

C'est la raison pour laquelle le Traité de Maastricht de 1992 s'appelle le «Traité  SUR l'Union européenne» plutôt que «DE» l'Union. Le projet de traité constitutionnel révisé que la Conférence intergouvernementale va maintenant rédiger serait le «Traité DE l'Union européenne» car il établirait juridiquement l'Union européenne en tant qu'entité distincte pour la première fois, avec la plupart des caractéristiques d'un État, et ferait de nous de véritables citoyens de cette nouvelle entité étatique.

Donner à la nouvelle Union européenne, que le traité constitutionnel révisé établirait, une personnalité juridique et sa propre existence juridique, lui permettrait non seulement d'avoir ses propres président, ministre des affaires étrangères – peu importe sa dénomination -  et corps diplomatique, de signer des traités interétatiques avec les autres États mais la nouvelle Union s'emparerait aussi de tous les pouvoirs et institutions de la Communauté européenne actuelle – législatif, exécutif et judiciaire. Elle possèderait alors toutes les caractéristiques d'un État bien en place, à l'exception du pouvoir d'imposer des taxes et d'obliger les États membres qui la composent à combattre contre leur volonté. L'objectif des euro‑fédéralistes est de donner à la nouvelle fédération européenne ces deux pouvoirs en temps voulu.

Pourquoi cette curieuse procédure d'avoir un traité (Maastricht) «sur» l'Union européenne et un autre traité (le projet de traité constitutionnel) «de» l'Union?  Le traité de Maastricht sur l'Union européenne nous familiarise avec les termes «Union européenne» et «citoyenneté européenne», sans réellement les établir juridiquement ou leur donner de contenu juridique. Ceux qui soutiennent le projet d'intégration espèrent que les citoyens ne remarqueront pas le caractère radical du changement constitutionnel proposé dans la Constitution révisée et la façon dont l'essence juridique de «l'Union» elle-même et de la «citoyenneté» européenne doit être modifiée sans que les Européens s'en rendent compte. Les mêmes noms et termes familiers seront conservés mais leur contenu juridique sera fondamentalement transformé.

C'est par un tel tour de passe-passe que nous allons devenir les véritables citoyens d'un véritable État européen supérieur à nos États nationaux respectifs. Nous devrons donc répondre aux obligations de véritables citoyens qui sont l'obéissance, la solidarité et la loyauté envers la nouvelle Union européenne qui nous est imposée sans que la plupart des Européens sachent ou réalisent ce qu'il se passe, ceux qui soutiennent le nouveau traité étant particulièrement soucieux de ne pas attirer l'attention sur cet aspect. Et, dans la mesure du possible, les peuples d'Europe ne seront pas consultés lors de référendums, de peur qu'ils ne se rendent compte de la situation et qu'ils s'y opposent.

Ce n'est certainement pas chose facile de tenter de transformer les citoyens des États membres de l'Union européenne en citoyens des «États-Unis d'Europe» distincts de et supérieurs à leurs propres États et constitutions. Tours de passe-passe, subterfuges et intimidation sont la seule façon d'y parvenir. D'où la charade élaborée du traité de Maastricht de 1992 sur l'Union européenne et le nouveau traité de l'Union européenne, ce qu'est effectivement le projet de traité constitutionnel révisé, bien que les spécialistes de la communication entendent lui donner un titre tel que «traité modificatif» afin que les élites européennes puissent le faire ratifier plus facilement.

Schuman, a déclaré en 1950 sur la Communauté du charbon et de l'acier qu'il s'agissait de «la première étape de la fédération européenne». Le projet de traité constitutionnel révisé serait la dernière pierre de l'édifice euro-fédéraliste, en ce sens qu'il donnerait à la nouvelle UE juridiquement constituée la forme constitutionnelle d'une fédération supranationale d'États, à laquelle tous les citoyens devraient obéissance et loyauté. Il s'agirait d'une obéissance et d'une loyauté supérieures à celles que nous devons actuellement à nos États et constitutions nationaux, ces derniers étant juridiquement inférieurs. Cependant, les citoyens européens ne souhaitent aucunement une telle évolution car elle ébranlerait fondamentalement la démocratie nationale et l'indépendance de leurs Etats nations respectifs et les priveraient du droit d'élaborer la plupart des lois auxquelles ils doivent se conformer.

C'est pourquoi le projet tout entier est une profonde attaque dirigée vers la démocratie et menée par les élites politiques, bureaucratiques et économiques européennes qui le soutiennent. Il ne peut que générer hostilité et amertume parmi les citoyens de toute l'Europe tandis qu'ils découvrent peu à peu les implications du coup d'Etat constitutionnel préparé par ces euro-élites. Les démocrates de tous les pays européens, qu'ils soient de gauche ou de droite, doivent s'unir pour s'y opposer et exiger que des référendums nationaux soient organisés.


 
*Professeur en politique sociale au Trinity College de Dublin 
par jb089 publié dans : Divers
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Mercredi 4 juillet 2007

 

Pourquoi je me suis abstenu lors du vote de confiance au gouvernement

L’activité parlementaire a repris. En siégeant chez les non inscrits, je bénéficie paradoxalement de davantage de temps de parole que lorsque j’appartenais à l’UMP et surtout une entière liberté !

Après la déclaration de politique générale du Premier ministre, j’ai ainsi pu intervenir pour expliquer mon vote. En conscience, fidèle à la ligne de partenariat loyal mais vigilant à laquelle j’ai décidé, avec François-Xavier VILLAIN, de me tenir, j’ai refusé de voter la confiance et me suis abstenu (texte de mon intervention ci-dessous ou site DLR).

Comment en effet accepter sans réagir la contradiction fondamentale entre le discours volontariste et offensif du Premier ministre, que j’aurai pu à quelques nuances près signer, et l’acceptation à Bruxelles d’une Constitution-bis qui lui interdira d’agir et placera davantage encore la France sous tutelle ?

J’ai retrouvé lors de cette séance comme dans les couloirs après mon intervention, les commentaires et les attitudes habituelles de mes collègues.

A l’exception des avocats de la supranationalité européenne, des fédéralistes qui ont hâte de prendre leur revanche sur le référendum de 2005 et qui se réjouissent du tour de passe-passe du Président de la République, les autres députés me considèrent avec incompréhension, ironie ou résignation.

Quelques uns sont venus me voir pour me dire : « tu as raison mais que pouvons-nous !». Les autres me regardent comme si j’étais une sorte d’extraterrestre au langage inconnu.

La plupart ne comprennent pas qu’en se résignant à ce mini-traité comme ils s’étaient résignés à la Constitution européenne, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis, ils dépossèdent l’Assemblée Nationale de ses pouvoirs, ils privent les Français de leur liberté ! Bref, ils laissent vider de sa substance notre démocratie !

Cet après-midi je vais intervenir à nouveau, cette fois justement lors du débat sur l’accord de Bruxelles.

ANNEXE

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous ai écouté avec attention et aujourd’hui j’aurais aimé pouvoir voter la confiance à votre gouvernement.

Je partage en effet votre diagnostic sur la mondialisation. Je souscris à votre volonté de rénover en profondeur, après des années d’atermoiements, notre contrat politique, social et culturel.

Je partage, vous le savez, votre conception de l’identité nationale.

Je crois à votre volonté de défendre l’exception française.

Enfin, je voterai bon nombre de vos réformes intérieures car je les crois indispensables à notre pays et je me suis engagé sur elles devant mes électeurs.

Sur le logement, la récidive, les universités, l’immigration ou le travail, la France n’a plus le droit à l’erreur et je vous souhaite sincèrement de réussir.

Mais je m’abstiendrai aujourd’hui pour la raison grave que je crois impossible d’un côté de réussir le redressement de la France, quand de l’autre on accepte à Bruxelles un traité simplifié qui reprend l’entière substance de la Constitution européenne qui avait été rejetée par le peuple français au motif qu’elle privait notre pays de sa liberté.

Je ne peux pas, en conscience, approuver ce projet de traité qui en instaurant le passage du vote à la majorité qualifiée dans 40 domaines va placer très souvent la France en minorité dans une Europe à 27.

Pendant la campagne électorale le Président de la République avait indiqué que la Constitution était morte. Or aujourd’hui, certes le terme a disparu mais le fond reste entier.

C’est notre souveraineté qui est en cause et donc notre démocratie car, comme le disait le Général de Gaulle, « la démocratie se confond exactement avec la souveraineté populaire ».

Ne vous en déplaise, il n’y a pas de réconciliation entre le OUI ou le NON car s’il y en avait une, le Président de la République et vous-même n’auraient pas hésité à consulter les Français par référendum sur ce sujet clé qui détermine tout le reste.

Comment, par exemple, menacer de veto les accords de l’OMC si au même moment on prive notre pays du droit de veto dans le domaine des négociations commerciales internationales ?

Comment relancer l’emploi si dans le nouveau traité on ne change en rien le statut de la Banque Centrale européenne qui comme vous le dénoncez asphyxie nos entreprises ?

Comment garantir la sécurité de nos concitoyens si on laisse nos frontières ouvertes et si l’on transfère définitivement et complètement à l’Union européenne toute notre politique d’immigration et de sécurité ?

Comment investir massivement dans la recherche si le principe de la concurrence, qui même rayé des objectifs de l’Union, subsiste dans le Traité de Rome, régira toujours la politique de la Commission ?

Loin de résoudre ces questions clés, le mini traité va restreindre la marge de manœuvre de la France donc votre capacité à sortir de la pensée unique. En dépossédant un peu plus les Français de leur souveraineté, je crains que nous poursuivions le grand écart entre les discours à Paris et les actes à Bruxelles.

Vous avez évoqué la France éternelle et l’œuvre de Gambetta, Victor Hugo, Clemenceau et de Gaulle, mais faut-il encore que la France reste maîtresse de son destin !

« Vivre ce n’est pas se résigner » avez-vous indiqué en citant Albert Camus, comprenez que je vous soutienne lorsque vous ne vous résignez pas à Paris mais que je m’interroge quand vous vous résignez à Bruxelles.

C’est donc à regret mais en conscience que je m’abstiens.

par jb089 publié dans : Divers
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Mercredi 20 juin 2007

Le site de tous les acteurs pour la TVA sociale

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Le mécanisme de TVA sociale permettrait, toutes choses égales par ailleurs :

  • de développer sans entrave notre système social, qui est un secteur créateur d'emplois et de bien-être ;
  • de réduire considérablement le déficit public en appliquant ce transfert aux retraites des fonctionnaires qui ne seraient plus financées par le budget de l'État ;
  • de rendre plus compétitif le travail en en diminuant fortement le coût, de ralentir ainsi le remplacement de l'homme par la machine et de rendre moins rentables les délocalisations ;
  • de faire baisser fortement le prix des produits exportés (qui sont vendus hors TVA), notre industrie y trouverait un gain de compétitivité considérable, apte à faire face à la chute du dollar qui, selon la majorité des analystes, devrait se poursuivre en 2005 ;
  • de faire participer les producteurs étrangers à notre propre protection sociale en taxant les produits importés, de plus en plus abondants; le flux préoccupant des délocalisations en serait ralenti
  • de faire participer l'ensemble des consommateurs, en élargissant l'assiette du prélèvement...

Précisons qu’il ne s’agit pas de fiscaliser la protection sociale. Les ressources fournies par la TVA sociale seraient versées directement aux caisses concernées comme le sont actuellement les cotisations. Par ailleurs, s’agissant d’un prélèvement social et non d’un impôt elle peut être mise en œuvre sans contrainte juridique européenne particulière. Enfin, à la remarque souvent faite qu’elle pénalise les petits revenus, il faut rappeler que son taux peut être modulé en fonction des produits (luxe, ou de première nécessité)

Actuellement une augmentation de la CSG ou de la CRDS est à l'étude. Par rapport à ces hypothèses, la "TVA Sociale" a trois avantages déterminants :

  • la TVA sociale n'augmente pas le prix de revient du travail ;
  • la TVA est déduite du prix de vente à l'exportation ;
  • la TVA frappe les produits importés.

La TVA sociale est un véritable moyen d’améliorer notre compétitivité, question cruciale au moment où les pays émergents, dont le Chine, nous font une concurrence de plus en plus redoutable et au moment où la baisse du dollar est utilisée par l’industrie américaine pour renforcer sa présence et sa compétitivité. Alors que notre économie est frappée de langueur, que les menaces de toute nature angoissent nos concitoyens, il est nécessaire de faire preuve d'imagination et de courage. La TVA sociale est un excellent mécanisme conjuguant dynamisme social et réalisme économique.

par jb089
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