Lundi 19 novembre 2007

Le 2 décembre, tous à Paris pour exiger un référendum !

Dimanche 2 décembre à 15h00, le MRC et DLR organiseront ensemble un grand rassemblement national pour exiger un référendum sur la Constitution-bis.
Réservez dès maintenant votre journée. Le lieu sera tout prochainement précisé. Renseignements : 01 69 49 17 37

 

 

par jb089 publié dans : Les grands moments (agenda)
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Lundi 19 novembre 2007

La grève des transports symbolise vraiment l’incapacité de notre pays à résoudre intelligemment les problèmes auxquels il est confronté. A l’exception des usagers, la dureté du conflit semble arranger tous les acteurs.

Du côté des syndicats, c’est le moyen d’éviter de perdre leur base ulcérée d’être pointée du doigt comme des privilégiés. Du côté du gouvernement, il y a une certaine satisfaction à afficher le visage d’une fermeté au service de la justice, alors même que sa politique économique et sociale est incompréhensible et dangereuse. On sent bien l’ambition du président de la République de réussir là où d’autres, avant lui, ont échoué…

Bien évidemment la réforme des régimes spéciaux est incontournable. Les propositions des directions d’entreprises sont d’ailleurs beaucoup plus souples qu’on ne veut le faire croire et il n’y a pas d’alignement complet sur le secteur privé.

Il reste qu’il faut aussi prendre en compte la pénibilité des métiers (horaires de nuit, travail du week-end). Mais surtout cette réforme ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des défis de l’économie française.

On peut sans cesse allonger la durée de cotisation et repousser l’âge du départ en retraite, mais cela n’aboutira à rien si la France continue de battre le record des départs en préretraites à 50 ou 55 ans, pour cause d’insuffisance de compétitivité ! C’est une génération entière qui risque de s’enfoncer dans la misère au moment de la retraite, faute du nombre requis d’années de cotisation.

Seul un regain de croissance économique, résultant d’une augmentation de la productivité et de la compétitivité de nos entreprises, peut permettre à la nation de payer l’effort à la fois pour les retraites et pour la santé. Ne nous y trompons pas, il faudra dégager une part plus importante de notre richesse collective pour accompagner dignement le développement du grand âge, c'est-à-dire du risque dépendance. Est-ce d’ailleurs si choquant ?

Depuis 1950 la France a augmenté sa part de PIB consacrée à la santé et aux retraites dans des proportions déjà considérables. C’est aussi le signe d’un pays à la fois plus prospère et plus juste, bref d’un pays civilisé. Toute la question est de savoir comment on dégage cette part nécessaire et comment on répartit l’effort.

C’est pourquoi, plutôt que de consacrer 20 minutes du journal télévisé au fonctionnement des trains comme si nous étions en guerre, il serait peut-être utile de comprendre comment on peut éviter les délocalisations ; pourquoi l’euro cher asphyxie nos entreprises ; pourquoi le travail des enfants ou le saccage environnemental en Chine nourrit des échanges déloyaux en faisant la fortune de quelques centaines de nababs. Utile aussi de parler des politiques natalistes qui permettraient de revenir à un taux de fécondité de 2,1 (nous n’en sommes pas loin) et de régler une partie du problème à échéance de 20 ans !

Utilité enfin d’aborder la question du fonds de réserve des retraites qui aurait dû être abondé des recettes des privatisations. La Norvège a su, par une politique prudente, se doter d’un tel fond exceptionnel. En un mot, seul le renforcement de nos entreprises, notre capacité à défendre nos intérêts, en même temps qu’une nouvelle organisation du système de protection sociale qui devra s’opérer dans le souci d’une vraie justice, servira nos retraites.

La tragicomédie des régimes spéciaux trahit en vérité la complaisance générale pour les postures politiciennes, au détriment de la recherche de l’intérêt général. Au risque de laisser pourrir les vrais problèmes…

par jb089 publié dans : Divers
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Vendredi 2 novembre 2007


L’augmentation de 140% de la rémunération du Président de la République est à la fois rationnelle et indécente.

Rationnelle car, dans l’absolu, il n’est pas anormal de voir le Président de la République gagner autant que le Premier Ministre. Indécente car on ne s’octroie pas une telle augmentation au moment où une majorité de Français affronte de réelles difficultés à boucler ses fins de mois et où on l’appelle sans cesse au sacrifice !

Comme beaucoup de Français, j’aurais aimé entendre le Président de la République se satisfaire de la somme relativement modeste qu’il perçoit aujourd’hui. Cela ne l’aurait pas empêché de faire œuvre de transparence dans la gestion des deniers de l’Elysée.

Il aurait été ainsi le seul Chef d’Etat du monde occidental à faire preuve de retenue financière.

D’autant que cette retenue vient de loin, d’une conception de la République où la probité et le désintéressement matériel l’emportent sur la recherche des avantages et des prébendes.

En France plus qu’en tout autre pays, par principe mais aussi du fait d’un contexte économique et social aujourd’hui particulièrement douloureux, la nécessité morale et même politique de montrer l’exemple au service de l’intérêt général, demeure un impératif.

Je crois sincèrement que les Français auraient été fiers de leur Président s’il avait modéré son augmentation, au lieu d’afficher un bond à trois chiffres de ses émoluments. 140%, tout de même, il en faudrait des heures supplémentaires pour obtenir un tel gain !

par jb089 publié dans : Divers
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Jeudi 1 novembre 2007

Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils'


Dans une tribune que publie Le Monde du 26 octobre, le "père" de la Constitution européenne rejetée, M.Giscard d'Estaing, revendique la paternité du traité de Lisbonne, pourtant présenté par le Président Sarkozy comme un "traité simplifié" totalement consensuel entre les "oui" et les "non". L'ancien Président rappelle en effet que "dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche". "Concernant, ensuite, les réponses apportées aux demandes formulées notamment en France par certains adversaires du traité constitutionnel, il faut constater qu'elles représentent davantage des satisfactions de politesse que des modifications substantielles". On ne lui fait pas dire...



Tribune publiée dans Le Monde, 26 octobre 2007

'Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils'
 

"Les outils sont exactement les mêmes, seul l'ordre a été changé"

par Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la Convention européenne



Les événements médiatiques du 18 octobre ont captivé l'attention du public, qui a semblé porter peu d'intérêt à l'accord intervenu à Lisbonne, au sein du Conseil européen, en vue de l'adoption d'un nouveau traité institutionnel. Pourtant beaucoup de Français, perturbés par le rejet du malheureux référendum de 2005, aimeraient comprendre en quoi le traité de Lisbonne diffère du projet de traité constitutionnel.

La différence porte davantage sur la méthode que sur le contenu.

Le traité constitutionnel résultait d'une volonté politique exprimée dans la déclaration de Laeken approuvée à l'unanimité par les membres du Conseil européen : il s'agissait de simplifier les institutions européennes rendues inefficaces par les derniers élargissements, de mettre davantage de démocratie et de transparence dans l'Union européenne, et d'ouvrir "la voie vers une Constitution pour les citoyens européens".

Cet objectif se reflétait dans la composition de la Convention, qui regroupait des représentants du Parlement européen et des Parlements nationaux, des gouvernements des Etats membres et de la Commission européenne. Et surtout ses débats étaient publics. Chacun pouvait peser le pour et le contre. Le projet de traité constitutionnel était un texte nouveau, inspiré par une volonté politique, et se substituant à tous les traités antérieurs.

Pour le traité de Lisbonne, ce sont les juristes du Conseil qui ont été chargés de rédiger le texte. Ils l'ont fait avec compétence et précision, en respectant le mandat qui leur avait été donné par le Conseil européen du 22 juin. Ils ont repris la voie classique suivie par les institutions bruxelloises, qui consiste à modifier les traités antérieurs par voie d'amendements : le traité de Lisbonne se situe exactement dans la ligne des traités d'Amsterdam et de Nice, ignorés du grand public.

Les juristes n'ont pas proposé d'innovations. Ils sont partis du texte du traité constitutionnel, dont ils ont fait éclater les éléments, un par un, en les renvoyant, par voie d'amendements aux deux traités existants de Rome (1957) et de Maastricht (1992).

Illisible pour les citoyens

Le traité de Lisbonne se présente ainsi comme un catalogue d'amendements aux traités antérieurs. Il est illisible pour les citoyens, qui doivent constamment se reporter aux textes des traités de Rome et de Maastricht, auxquels s'appliquent ces amendements. Voilà pour la forme.

Si l'on en vient maintenant au contenu, le résultat est que les propositions institutionnelles du traité constitutionnel - les seules qui comptaient pour les conventionnels - se retrouvent intégralement dans le traité de Lisbonne, mais dans un ordre différent, et insérées dans les traités antérieurs.

Je me contenterai de deux exemples : celui de la désignation d'un président stable de l'Union européenne, qui représente l'avancée la plus prometteuse du projet. Elle figurait dans le traité constitutionnel au titre des institutions et organes de l'Union. L'article 22 indiquait : "Le Conseil européen élit son président à la majorité qualifiée pour une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois", et l'article se poursuivait par 11 lignes décrivant le rôle de ce président.

Si l'on recherche cette disposition dans le traité de Lisbonne, on la retrouve dans l'amendement 16 au titre III du traité de Maastricht qui indique : "... un article 9B est inséré : le Conseil européen et son président" ; paragraphe 5 : "Le Conseil européen élit son président à la majorité qualifiée pour une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois...", et le paragraphe se prolonge par 11 lignes décrivant à l'identique le rôle du président.

Le même exemple pourrait être cité concernant le rôle et l'élection du Parlement européen. L'article 9A du traité de Lisbonne reproduit au mot à mot l'article 20 du projet de traité constitutionnel.

La conclusion vient d'elle-même à l'esprit. Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche.

Il y a cependant quelques différences. Trois d'entre elles méritent d'être notées. D'abord le mot "Constitution" et l'adjectif sont bannis du texte, comme s'ils décrivaient des maladies honteuses. "constitutionnel". Le concept avait pourtant été introduit par les gouvernements eux-mêmes dans la déclaration de Laeken (approuvée à l'époque par Tony Blair et Jacques Chirac).

Il est vrai que l'inscription dans le traité constitutionnel de la partie III, décrivant les politiques de l'Union, constituait sans doute une maladresse. L'apparence pouvait faire croire qu'il s'agissait de leur donner une valeur "constitutionnelle", alors que l'objectif était seulement de réunir tous les traités en un seul.

Et l'on supprime du même coup la mention des symboles de l'Union : le drapeau européen, qui flotte partout, et l'hymne européen, emprunté à Beethoven.

Quoique ridicules, et destinées heureusement à rester inappliquées, ces décisions sont moins insignifiantes qu'elles n'y paraissent. Elles visent à écarter toute indication tendant à évoquer la possibilité pour l'Europe de se doter un jour d'une structure politique. C'est un signal fort de recul de l'ambition politique européenne.

Concernant, ensuite, les réponses apportées aux demandes formulées notamment en France par certains adversaires du traité constitutionnel, il faut constater qu'elles représentent davantage des satisfactions de politesse que des modifications substantielles.
Ainsi l'expression "concurrence libre et non faussée", qui figurait à l'article 2 du projet, est retirée à la demande du président Sarkozy, mais elle est reprise, à la requête des Britanniques, dans un protocole annexé au traité qui stipule que "le marché intérieur, tel qu'il est défini à l'article 3 du traité, comprend un système garantissant que la concurrence n'est pas faussée".

Il en va de même pour ce qui concerne le principe de la supériorité du droit communautaire sur le droit national, dont le texte de référence reste inchangé dans le traité. En revanche, la France va pouvoir accroître de plus d'un tiers ses droits de vote au Conseil, grâce à la double majorité introduite par le projet de traité constitutionnel.

Concessions aux Britanniques

Beaucoup plus importantes, enfin, sont les concessions faites aux Britanniques. La charte des droits fondamentaux - sorte de version améliorée et actualisée de la charte des droits de l'homme - est retirée du projet, et fera l'objet d'un texte séparé, ce qui permettra à la Grande-Bretagne de ne pas être liée par elle.

Dans le domaine de l'harmonisation et de la coopération judiciaires, la Grande-Bretagne se voit reconnaître des droits multiples de sortie et de retour dans le système. Bref, après avoir réussi à affaiblir les propositions visant à renforcer l'intégration européenne, comme le refus du titre de ministre des affaires étrangères de l'Union européenne, elle se place en situation d'exception par rapport aux dispositions qui lui déplaisent.

Le texte des articles du traité constitutionnel est donc à peu près inchangé, mais il se trouve dispersé en amendements aux traités antérieurs, eux-mêmes réaménagés. On est évidemment loin de la simplification. Il suffit de consulter les tables des matières des trois traités pour le mesurer !

Quel est l'intérêt de cette subtile manœuvre ? D'abord et avant tout d'échapper à la contrainte du recours au référendum, grâce à la dispersion des articles, et au renoncement au vocabulaire constitutionnel.

Mais c'est aussi, pour les institutions bruxelloises, une manière habile de reprendre la main, après l'ingérence des parlementaires et des hommes politiques, que représentaient à leurs yeux les travaux de la Convention européenne. Elles imposent ainsi le retour au langage qu'elles maîtrisent et aux procédures qu'elles privilégient, et font un pas de plus qui les éloigne des citoyens.

La phase suivante sera celle des ratifications. Elle ne devrait pas rencontrer de grandes difficultés - en dehors de la Grande-Bretagne où un référendum aboutirait manifestement à un rejet -, car la complication du texte et son abandon des grandes ambitions suffisent pour en gommer les aspérités.

Mais soulevons le couvercle, et regardons dans la boîte : les outils sont bien là, tels que les avait soigneusement élaborés la Convention européenne, des outils innovants et performants : la présidence stable, la Commission réduite et recentrée, le Parlement législateur de plein droit, le ministre des affaires étrangères en dépit de sa casquette trop étroite, la prise de décisions à la double majorité, celle des Etats et celle des citoyens, et la Charte des droits fondamentaux la plus avancée de notre planète.

Le jour où des femmes et des hommes, animés de grandes ambitions pour l'Europe, décideront de s'en servir, ils pourront réveiller, sous la cendre qui le recouvre aujourd'hui, le rêve ardent de l'Europe unie.

VGE
par jb089 publié dans : Divers
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Lundi 29 octobre 2007

Alors que les médias français raffolent d’habitude des sondages en tout genre publiés à longueur de colonnes, le fameux Traité européen qui reprend 99% de la Constitution européenne rejetée par les Français, suscite très peu d’enquête interrogeant les Français sur leur préférence quant à la tenue ou non d’un nouveau référendum.

Il a fallu attendre l’enquête d’opinion du Financial Times pour que Le Parisien, ce matin, soit le premier à réagir. Les chiffres sont éloquents : 76% des Allemands, 72% des Italiens, 65% des Espagnols veulent un référendum et 63% de Français.

Le Parisien fait état dans la foulée d’un second sondage, où les Français sont 61% à vouloir le référendum, mais où il est précisé que 68% d’entre eux voteraient « oui » au traité. Drôle de sondage, en vérité, comme si on voulait tuer la revendication référendaire en même temps qu’on constate qu’elle est majoritaire : en effet, à quoi bon un référendum si le oui est sûr de l’emporter ? Autant faire voter directement le Parlement, ce sera plus rapide et moins coûteux…

Bien entendu, les commentateurs des sondages ne font que suggérer cette idée, aussi perfide que fausse : car s’il est évident que le vœu des Français pour un référendum est ferme et clair (la question comme la réponse sont sans ambiguïté), il est en revanche totalement tendancieux, à ce stade, de mettre sur un même plan la probabilité de vote « oui » pour un traité dont presque personne ne sait ce qu’il contient et dont on nous abreuve du matin au soir qu’il est soi-disant un « succès personnel pour Nicolas Sarkozy et pour la France en Europe ».

Nos concitoyens, j’ai déjà reçu des milliers de témoignages en ce sens, sont indignés par ce véritable déni de démocratie. Quant à ceux qui ne savent pas, ils sont méfiants car ils sentent bien l’entourloupe. Il va de soi qu’à mesure que nous les informerons de la réalité du contenu du Traité, la colère grandira.

Comment en effet, au risque de me répéter, peut-on bafouer de manière aussi flagrante la volonté générale exprimée le 29 mai 2005 ? Comment ose-t-on au nom du peuple français, mais contre son désaccord explicite, engager un véritable changement de régime politique en mettant en œuvre un traité qui va complètement vider de sa substance notre démocratie ? Cela revient à violer le principe sacré du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui a toujours été au cœur de notre pacte républicain depuis 1789 et figure en toutes lettres dans la Charte des Nations Unies, signée par la France et tous les pays de l’UE.

Contrairement à ce que pensent beaucoup d’observateurs, le combat n’est pas perdu. Mais il faudra aller très vite. La mobilisation est possible, une immense indignation se lève sans bruit, elle est perceptible comme la braise sous la cendre. De toute façon, il n’est pas d’exemple dans l’Histoire de France de dirigeants qui ont pu durablement bâillonner le peuple.

A nous donc d’agir, chacun à sa manière. Additionnons nos forces ! Et gardons espoir : la vérité finit toujours par l’emporter sur le mensonge, de même que le droit sur la force et la démocratie sur le despotisme…

par jb089
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